Archives pour la catégorie Pensée

[...] dès le IIIème siècle, Rome entra en décadence. Nous savons que cette notion est très critiquée, mais nous ne voyons pas par quoi la remplacer.

la décadence fut d’abord civique. Si riche et corrompue fut-elle, la classe dirigeante romaine garda longtemps le sens du bien public, comme nous l’avons constaté en lisant les notes de l’empereur Marc Aurèle [à lire ici]. À partir du IVème siècle, elle le perdit.

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Photographie de Karl MarxLe monde religieux n’est que le reflet du monde réel. Une société où le produit du travail prend généralement la forme de marchandise et où, par conséquent, le rapport le plus général entre les producteurs consiste à comparer les valeurs de leurs produits et, sous cette enveloppe des choses, à comparer les uns aux autres leurs travaux privés à titre de travail humain égal, une telle société trouve dans le christianisme avec son culte de l’homme abstrait, et surtout dans ses types bourgeois, protestantisme, déisme, etc., le complément religieux le plus convenable. Dans les modes de production de la vieille Asie, de l’antiquité en général, la transformation du produit en marchandise ne joue qu’un rôle subalterne, qui cependant acquiert plus d’importance à mesure que les communautés approchent de leur dissolution.

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Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la France,Photo de Charles de Gaulle, en habits militaires telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai d’instinct l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur.

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome 1, Plon, 1954.

Une réponse à Xavier de la Porte sur les ordinateurs « connectés » en classe

Écoutant la chronique du 20/02/2014 de Xavier de la Porte,  et enseignant comme vous le savez, j’allais répondre en écrivant un commentaire sur la page de son émission sur le site web de France Culture.

Voyant que mon commentaire commençait à faire plus de 250 mots, je me suis dit qu’il était opportun de le développer un peu pour en faire un article, en réponse à l’usage des ordinateurs connectés pendant la classe.  En résumé : pour ou contre ? Il faut dépasser ce débat, c’est l’apprentissage de l’usage qui est important, pas l’usage en soit, en tout cas avec un public de jeunes adultes.

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Mon histoire vers le libre

Le début d’une longue histoire

Alors, comme vous le savez, je suis très orienté en faveur du logiciel libre, et du libre en général.  J’en ai déjà d’ailleurs parlé ici : libre vs open source. J’ai aussi aborder les débats philosophique entre privateur et libre. Je soutiens comme je peux Wikimédia, LQDN (mon pixel), FDN ou encore Framasoft. Mais beaucoup parlent bien mieux que moi de cela (Ploum, ou encore Richard M. Stallman).

Cependant, je ne suis pas un modèle, oùùùùù non, je ne suis pas un modèle !

Je vais relater dans une suite de billets mon histoire du passage au libre, les différentes étapes, les galères, les succès, idem sur la mise en place d’outils de protection de ma vie privée et celle de ma petite famille… Tout ça, déjà pour aider les « non-full-geek » comme moi n’ayant que très peu de connaissances dans ces machins, en bref des utilisateurs « avertis », et aussi un peu pour m’obliger à passer au libre, comme un engagement entre vous et moi.

Wallpaper de Richard M. Stallman

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Vous n’êtes pas sans savoir que la loi de programmation militaire pose quelques problème, notamment l’article 13 qui littéralement entraînerait la création d’un PRISM à la française (voir le Nouvel Obs ou encore la Quadrature pour plus de détails).

Un moyen simple est, déjà, de demander clairement à vos sénateurs de réfléchir à la question et de partager leur vision des choses. Voici la procédure qui ne vous prendra pas plus de quelques minutes.

  1. Il vous faudra d’abord récupérer l’adresse de vos sénateurs ici : http://www.senat.fr/senateurs/sencir.html
  2. Ensuite, envoyer un mail / ou un courrier papier en vous inspirant notamment de ces modèles proposés par la quadrature (j’ai pris le 3 personnellement) : https://www.laquadrature.net/wiki/Contactez_vos_senateurs#Mail_type
  3. l’envoyer, et le dire, et inviter d’autres à faire de même.

Vive la France.

Voici ce que j’ai envoyé

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A vrai dire, peu d’adultes sont capables de voir la nature. La plupart des gens ne voient pas le soleil. Du moins en ont-ils une vision très superficielle. Le soleil ne fait qu’éclairer l’œil  de l’homme, alors qu’il brille à la fois dans l’œil et dans le cœur de l’enfant. L’amoureux de la nature est celui dont les sens internes et externes sont encore réellement ajustés les uns aux autres et qui a gardé l’esprit d’enfance jusque dans l’âge adulte. Son commerce avec le ciel et la terre devient une part de sa nourriture quotidienne. En présence de la nature, une joie sauvage parcourt cet homme, en dépit des chagrins réels. La nature dit : « Il est ma créature, et malgré l’insolence de son affliction il sera heureux avec moi. » Ce n’est pas le soleil ou l’été seulement, mais chaque heure, chaque saison qui apporte son lot de plaisir; car chaque heure et chaque changement correspondent, en même temps qu’ils le permettent, à un état d’esprit différent, de midi où ne circule pas le moindre souffle d’air jusqu’au minuit le plus noir. La nature est un décor qui convient aussi bien pour jouer une pièce triste que comique. Lorsqu’on est en bonne santé, l’air est un cordial d’une incroyable efficacité. Traversant au crépuscule, sous un ciel nuageux, un terrain dénudé parsemé de plaques de neige boueuse sans avoir présente à l’esprit l’idée d’une bonne fortune particulière, j’ai joui d’un sentiment d’allégresse parfaite.

Ralph Waldo Emerson, La Nature.