Archives pour la catégorie Pensée

[…] tout de même qu’on transfère son bien à autrui par des conventions et des contrats, on  peut aussi se dépouiller de sa liberté en faveur de quelqu’un. C’est là, ce me semble, un fort mauvais raisonnement ; car premièrement, le bien que j’aliène me devient une chose tout à fait étrangère, et dont l’abus m’est indifférent, mais il m’importe qu’on n’abuse point de ma liberté, et je ne puis, sans me rendre coupable du mal qu’on me forcera de faire, m’exposer à devenir l’instrument du crime.

Couverture du discours sur les origines des inégalités parmi les hommes

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Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables :  » Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ! « 

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Portrait de Jean-Jacques Rousseau

Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel, qui, modérant dans chaque individu l’activité de l’amour de soi-même, concourt à la conservation naturelle de toute l’espèce. C’est elle qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir ; c’est elle qui, dans l’état de nature, tient lieu de lois, de mœurs et de vertu, avec cet avantage que nul n’est tenté de désobéir à sa douce voix ; c’est elle qui détournera tout sauvage robuste d’enlever à un faible enfant ou à un vieillard infirme sa subsistance acquise avec peine, si lui-même espère pouvoir trouver la sienne ailleurs ; c’est elle qui, au lieu de cette maxime sublime de justice raisonnée : Fais à autrui comme tu veux qu’on te fasse, […]

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[…] dès le IIIème siècle, Rome entra en décadence. Nous savons que cette notion est très critiquée, mais nous ne voyons pas par quoi la remplacer.

la décadence fut d’abord civique. Si riche et corrompue fut-elle, la classe dirigeante romaine garda longtemps le sens du bien public, comme nous l’avons constaté en lisant les notes de l’empereur Marc Aurèle [à lire ici]. À partir du IVème siècle, elle le perdit.

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Photographie de Karl MarxLe monde religieux n’est que le reflet du monde réel. Une société où le produit du travail prend généralement la forme de marchandise et où, par conséquent, le rapport le plus général entre les producteurs consiste à comparer les valeurs de leurs produits et, sous cette enveloppe des choses, à comparer les uns aux autres leurs travaux privés à titre de travail humain égal, une telle société trouve dans le christianisme avec son culte de l’homme abstrait, et surtout dans ses types bourgeois, protestantisme, déisme, etc., le complément religieux le plus convenable. Dans les modes de production de la vieille Asie, de l’antiquité en général, la transformation du produit en marchandise ne joue qu’un rôle subalterne, qui cependant acquiert plus d’importance à mesure que les communautés approchent de leur dissolution.

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Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la France,Photo de Charles de Gaulle, en habits militaires telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai d’instinct l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur.

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome 1, Plon, 1954.

Une réponse à Xavier de la Porte sur les ordinateurs « connectés » en classe

Écoutant la chronique du 20/02/2014 de Xavier de la Porte,  et enseignant comme vous le savez, j’allais répondre en écrivant un commentaire sur la page de son émission sur le site web de France Culture.

Voyant que mon commentaire commençait à faire plus de 250 mots, je me suis dit qu’il était opportun de le développer un peu pour en faire un article, en réponse à l’usage des ordinateurs connectés pendant la classe.  En résumé : pour ou contre ? Il faut dépasser ce débat, c’est l’apprentissage de l’usage qui est important, pas l’usage en soit, en tout cas avec un public de jeunes adultes.

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Mon histoire vers le libre

Le début d’une longue histoire

Alors, comme vous le savez, je suis très orienté en faveur du logiciel libre, et du libre en général.  J’en ai déjà d’ailleurs parlé ici : libre vs open source. J’ai aussi aborder les débats philosophique entre privateur et libre. Je soutiens comme je peux Wikimédia, LQDN (mon pixel), FDN ou encore Framasoft. Mais beaucoup parlent bien mieux que moi de cela (Ploum, ou encore Richard M. Stallman).

Cependant, je ne suis pas un modèle, oùùùùù non, je ne suis pas un modèle !

Je vais relater dans une suite de billets mon histoire du passage au libre, les différentes étapes, les galères, les succès, idem sur la mise en place d’outils de protection de ma vie privée et celle de ma petite famille… Tout ça, déjà pour aider les « non-full-geek » comme moi n’ayant que très peu de connaissances dans ces machins, en bref des utilisateurs « avertis », et aussi un peu pour m’obliger à passer au libre, comme un engagement entre vous et moi.

Wallpaper de Richard M. Stallman

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