Pourquoi je ne publierai rien d’autre sur Pulse de Linkedin…

closeCet article a été publié il y a 1 an 6 mois 6 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être dépassées...

Cet article étant publié aussi sur Pulse de Linkedin, voici son introduction originale :

Non, vous avez bien lu, je ne publierai rien d’autre sur Linkedin. D’ailleurs cet article est sous une licence CC BY-SA 3.0 FR et vous pouvez le retrouver en intégralité ici.

Un longue histoire de lecture barbante…

Lorsque j’ai publié un article sur mon site intitulé « l’impact de la condamnation de Bluetouff sur mon comportement » je me suis demandé si je n’allais pas aussi en faire une copie sur ce truc Pulse qui affole tout le monde en France depuis quelques mois… Avant de le faire je me suis dit qu’il était temps pour moi de relire les conditions d’utilisation du service de Linkedin & Pulse. Oui, il m’arrive de lire les conditions d’utilisation… Et là, aucune surprise, elles sont redevenues comme toujours insupportablement floues.

En fait cette histoire fait suite à la suppression d’un premier compte Linkedin vers 2012 suite à une lecture des TOS – les termes du contrats que vous acceptez en cliquant sur « j’ai bien lu et accepté les blablabla » – au passage une petite initiative dont je trouve l’idée sympa c’est TOS, didn’t read. Toutefois suite à quelques mises à jour et au fait qu’il me semblait pertinent, pression sociale oblige, de m’inscrire sur Linkedin j’avais en partie revu mon jugement ici. Finalement, avant de mettre mon article sur Pulse, j’ai relu et force est de constater que je vous invite à utiliser ce service avec prudence pour rester le véritable maître de vos publications…

Tout pour Linkedin, presque rien pour nous… Quid des utilisateurs premium ?

Je vais vous détailler ici quelques passages des conditions d’utilisation et de politique de vie privée. Commençons d’abord par l’article 3.1 du contrat de l’utilisateur :

« En ce qui concerne les relations entre LinkedIn et vous, vous avez la propriété du contenu et des informations que vous soumettez ou publiez dans le cadre des services et vous accordez à LinkedIn la licence non-exclusive suivante : une licence mondiale, transférable et pouvant donner lieu à l’octroi d’une sous-licence d’utiliser, copier, modifier, distribuer, publier et de traiter les données et le contenu que vous fournissez par l’intermédiaire de nos services, sans autre autorisation, notification et/ou compensation financière envers vous ou d’autres tiers. »

Concrètement cela veut dire que l’on est revenu en 2012… Même si vous restez « propriétaire » de vos informations, Linkedin peut littéralement faire ce qu’il veut et se moque totalement de vous dire quoi que se soit. Par exemple si vous échangez les plans d’un design ou un dessin et que c’est votre métier, avec quelqu’un de votre réseau, avec cet article Linkedin peut utiliser ce design, voir en créer un produit avant vous, et se couvre.

Allez, continuons sur un extrait de leur Privacy policy, article 2.5 :

« Nous combinons les données au niveau interne à travers nos différents Services. Par exemple, SlideShare peut vous recommander du meilleur contenu en fonction de vos préférences de contenu LinkedIn et des articles que vous lisez sur Pulse. LinkedIn peut ainsi vous présenter un flux d’actualités du réseau plus personnalisé d’après votre activité sur SlideShare, que vous ayez ou non relié vos comptes SlideShare, Pulse et/ou LinkedIn (ex. en vous connectant à SlideShare ou Pulse avec votre compte LinkedIn), puisque nous pouvons vous identifier sur différents Services par le biais des cookies ou technologies similaires. »

Avant la moindre analyse laissez-moi vous lister encore quelques autres passages intéressants, à commencer par l’article 2.6 :

« Veuillez remarquer que les recruteurs ainsi que les autres abonnés professionnels peuvent voir votre profil dans son intégralité même si vous n’avez pas accepté leur InMail. »

Et pour finir en apothéose un extrait du 3.2 :

« Nous pouvons conserver vos données personnelles même après la clôture de votre compte si cette rétention s’avère nécessaire afin de nous conformer à des obligations juridiques ou réglementations, résoudre des litiges entre membres, éviter des fraudes et des abus, ou faire appliquer cette Politique de confidentialité et nos Conditions d’utilisation. Nous pouvons conserver vos données personnelles pour une période limitée à la demande des services judiciaires. Notre Service clients peut conserver des données aussi longtemps que nécessaire dans l’unique but d’élaborer des rapports sur l’assistance et de fournir des analyses de tendance. Cependant, en règle générale, nous supprimons ou rendons anonymes les données des comptes clôturés[…] »

Du coup, ce que je comprends c’est qu’il n’y a pas d’anonymat pour votre SlideShare et autre et si c’est ce que vous souhaitiez c’est mort dans tous les cas puisqu’il vous est interdit de vous inscrire sur Linkedin avec un pseudonyme – oui, c’est aussi dans les conditions, article 2.1. Deuxièmement, sans que je sache vraiment qui se cachent derrière les recruteurs et les abonnés, ceux-ci ont accès à tout votre profil, je me demande d’ailleurs si les usagers premium ont les mêmes conditions… Donc Linkedin n’est pas un réseau privé, j’espère d’ailleurs que vous ne pensiez pas cela, par définition et très concrètement par leurs conditions c’est un réseau totalement public. Enfin, même si vous supprimez votre compte, aucun soucis Linkedin gardera vos données, c’est du moins ce que j’ai clairement lu entre les lignes.

Il faut simplement réfléchir avant de publier

En conclusion, à toi ami de l’internet, ou à toi ami chercheur – et dieu sait si je peux en identifier plus d’un – tu sais qu’il est interdit d’utiliser Linkedin pour, je cite l’article 8.2 :

  • « copier ou utiliser les informations, contenu ou données d’autres personnes disponibles sur les services (sauf dans les cas expressément autorisés) ;
  • partager ou divulguer les informations d’autres personnes sans leur consentement exprès ;
  • utiliser des logiciels, appareils, robots de codage manuels ou automates ou d’autres moyens pour accéder, “décomposer” “analyser” ou “indexer” les services ou toute donnée ou information connexe ; »

Et puis toute une flopée d’autres choses, y’a plus de 40 points d’interdictions… Finalement c’est toujours la même rengaine, il suffit de réfléchir un minimum et de prendre un peu de recul sur nos pratiques de partage. Ainsi il n’y a pour moi que quelques petites choses à retenir :

  • Si c’est important de le partager mais pas de le diffuser, faites-le par la poste ou via des canaux chiffrés.
  • Si c’est important de le diffuser et d’en spécifier l’usage, faites-le sur votre propre site.
  • Si c’est pour partager du contenu inspirant, ou autre, et que toute absence de contrôle direct n’est pas problématique, alors mettez-le sur Linkedin/ Slideshare/Pulse/Facebook/autre à préciser.

Ce dernier point est important, je parle de ce que je connais le plus, je ne suis ni sur Slideshare – enfin si du coup – ni sur Facebook, mais, de ce que j’ai pu apprécier, c’est exactement la même chose… Tiens-toi le pour dit ami des internets !

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