Consommation de viande et souffrance animal…

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En écrivant un article qui sera publié ce dimanche dans les idées du dimanche j’ai commencé à développer un long laïus sur la souffrance animal et l’abattage – juste avant de voir l’actualité sur cet abattoir dans le sud. Je me suis donc dit que le thème méritait du coup un nouvel article depuis le dernier il y a 5 ans. Il faut être clair, je suis un consommateur de viande, et je ne deviendrai pas végétarien ni végétalien. En revanche je suis convaincu qu’il reste énormément de chemin à faire, à moi d’abord, mais aussi à l’humanité pour se respecter elle-même en respectant la vie.

Aujourd’hui le problème est toujours aussi compliqué qu’il y a 5 ans, d’autant plus que la majorité de la viande de consommation subit un abattage rituel, généralement sans étourdissement, sans qu’on le sache. En effet, on peut lire ici que « 51% des abattages pratiqués en France sont des abattages rituels, alors que les consommateurs musulmans et juifs ne représentent pas plus de 7% des consommateurs français » – je pense qu’il y a un biais avec tout ce qui est lié à la restauration rapide type kébab et qu’ainsi les consommateurs sont un petit peu plus nombreux, enfin, sans être négligeable cela reste faible. C’est pourquoi j’ai proposé l’idée de business basée sur ce label. Ceci étant, pour parfaire votre vision de l’abattage animal, et avoir conscience de ce que nous mangeons, je vous invite à regarder ceci – âmes sensibles devenez végétariens et ne regardez pas – sur France3 ou les vidéos de L214. Ce site, monté par des associations de protection, est assez intéressant et résume bien ce qui s’est passé ces dernières années sur cette page, mais comme tout débat sur ce point, il me semble insuffisamment neutre. J’ai donc lancé quelques recherches sur le sujet. Il faut bien être conscient de deux ou trois choses. D’abord les mammifères souffrent ensuite, le profit ne doit jamais guider nos actions quand il s’agit du vivant, et même s’il le doit, il existe des argument en faveur d’un meilleur comportement au regard dudit vivant.

Pour commencer je vous suggère la lecture de cet article de l’Obs qui résume bien la situation et pose un point de vue intéressant en rapport avec les religions où l’abattage rituel est pratiqué. Je ne vais pas parler de religion ici, mais mon point de vue est simple : je me fous totalement des préférences religieuses lorsqu’il s’agit du vivant. Si encore il s’agissait d’abattre soi-même son poulet je pourrai discuter, mais on est sur une échelle industrielle où c’est le profit qui compte, pas la foi. La religion n’est qu’un prétexte tout comme la « réversibilité de l’étourdissement » dont il est fait question dans l’article. D’abord il est nécessaire, juste au cas où vous en doutiez encore de poser un fait. Les mammifères souffrent. Point. Il y a un consensus scientifique sur ce point et il n’est pas nécessaire à mon niveau de revenir sur le sujet. Je vous invite à consulter le rapport de l’INRA, chapitre 2, au passage notons que ce n’est pas au sens strict le cas pour tous les animaux, c’est incertain pour les oiseaux par exemple (voir le tableau 2 page 127 du précédent rapport). Mais au delà de la souffrance c’est un aspect moral du traitement du vivant que je tiens à développer. Suis-près à faire aux êtres vivants ce que je ne supporterai pas de faire à des humains ? Ma réponse est oui, mais dans un respect du bien-être au sens large. Qui suis-je pour imposer à la vie un tel traitement ? Aujourd’hui, pour beaucoup, la vie n’a de valeur que ce qu’elle est à même de rapporter financièrement et de manière efficiente, et c’est là un soucis.

Premièrement établissons un fait, les français, s’ils disent le contraire restent près à payer pour des produit de qualité apparemment supérieure. C’est du moins ce que je conclus à partir du bio, pour lequel 37% des français sont prêt à payer plus cher et qui ne coûte pas plus cher que les produits de grande marque – notons l’inutilité du site de l’agencebio sur ce point. Deuxièmement, précisons un point important, un label permet d’augmenter la propension à payer d’environ 50% des clients d’un bien – et ce d’autant plus si le label est reconnu. Je tiens à préciser quelque chose d’important sur le bio d’ailleurs; si j’ai déjà parlé de différents labels ici, il me semble incontournable de préciser que pour le bio -et les autres- la considération du bien-être de l’animal s’arrête au transport et au débarquement. Il est intéressant aussi de relever quelques statistiques dans cet article du Point, « plus de 60% des Français estiment manquer d’informations sur la qualité des produits qu’ils achètent, selon une enquête menée par Ipsos […]. 59% assure aussi s’interroger « souvent » sur les ingrédients que contiennent les produits fabriqués par les industriels de l’agroalimentaire. […] La question de l’étiquetage des aliments s’est reposée de façon cruciale après le scandale de la viande de cheval retrouvée dans des plats préparés censés contenir uniquement du bœuf, alors qu’aucun industriel en Europe n’est tenu d’indiquer l’origine de la viande utilisée dans les plats préparés. » Et enfin, dernier point intéressant, si en 2008, 30% des français pensent que le rapport qualité/prix de l’alimentaire s’est détérioré, ils étaient 45% en 2012 (rapport ANIA/TNS et ANIA/CSA). Ainsi, ce que je conclue c’est que, d’abord les consommateurs sont prêt à payer plus pour une garantie. De plus, cette garantie sous forme de label apposée sur les produits influence positivement les décisions d’achat, par conséquent, qu’attends-tu ami startupeur pour lancer cette entreprise, et surtout, qu’attendez vous industriels de mes couilles ?

Avant de conclure, je cite directement ce site, histoire d’enfoncer le clou. En France (Agreste, 2014) :

  • 83% des 800 millions de poulets de chair sont élevés sans accès à l’extérieur (CGAAER, 2014)
  • 68% des 47 millions de poules pondeuses sont élevées en batterie de cages (ITAVI, 2015)
  • 99% des 36 millions de lapins sont élevés en batterie de cages (ITAVI, 2006)
  • 95% des 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiments

Pour faire simple en guise de conclusion, je vous invite à consommer moins mais mieux. Je me suggère aussi de préférer des viandes issues d’animaux qui ne sont pas des mammifères et provenant de sources durables et locales. Il faut rendre visite aux fermes produisant du fromage et/ou de la viande près de chez vous et regarder si l’élevage vous convient. Il en va de même pour toute alimentation puisqu’elle provient du vivant. Si vous n’avez pas le temps de militer, n’hésitez pas à donner une partie des économies que vous réaliserez au producteur directement ou à des associations qui vous semblent le méritez. Soyez citoyens du monde de demain – c’est beau hein comme conclusion.

Une réflexion sur “Consommation de viande et souffrance animal…

  1. je suis en partie d’accord… végétarienne que je suis… mais il faut savoir que quelque soit l’animal si mort il y a, la souffrance est aussi là ! et là je dis NON on n’a pas à s’octroyer le droit de donner la mort simplement pour ses papilles gustatives !
    On se doit de respecter la vie…

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