La citation du dimanche

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[…] dès le IIIème siècle, Rome entra en décadence. Nous savons que cette notion est très critiquée, mais nous ne voyons pas par quoi la remplacer.

la décadence fut d’abord civique. Si riche et corrompue fut-elle, la classe dirigeante romaine garda longtemps le sens du bien public, comme nous l’avons constaté en lisant les notes de l’empereur Marc Aurèle [à lire ici]. À partir du IVème siècle, elle le perdit.

Or, aucune classe dirigeante ne peut résister à l’égoïsme individualisme. Les gouvernants doivent au moins donner l’impression qu’il s’occupe du bien commun ; mieux , ils doivent s’en occuper réellement s’ils veulent justifier leurs privilèges.  Chateaubriand l’a écrit, dans ses Mémoires d’outre-tombe d’une manière définitive :

 » Une classe dirigeante connait trois âges successifs : l’âge des supériorités, l’âge des privilèges, l’âge des vanités. Sortie du premier, elle dégénère dans le deuxième et s’éteint dans le troisième.  »

Quand une classe dirigeante s’écroule, cela peut entrainer l’écroulement de la société si les dirigeants de remplacement ne sont pas prêts à prendre sa place. Quand la noblesse s’écoula lors de la Révolution française la bourgeoisie était prête à (et désireuse de) assumer l’État. Rien de tel dans la Rome du Vème siècle.

Les vertus qui avaient fait la puissance de l’Empire et de ses praticiens – le respect de la loi, le courage militaire, le sens de la grandeur – c’étaient évanouis. L’armée existait pour ainsi dire plus. Les barbares, ne trouvant plus personne devant eux, passent le lémis – non plus comme émigré, mais en conquérants – et se mirent à violer et à tuer. Se fut une formidable régression de la civilisation, une espèce d’implosion.

Il faut comprendre que le progrès n’est pas automatique.

Pendant trente-cinq siècles, depuis les pharaons, l’humanité avait progressé ; chaque siècle ayant été plus  » moderne  » que le précédent. Mais, après 410, tout s’écroula. Quand il n’y eut plus d’État, il n’y eut plus de sécurité. Les paysans qui ont besoin de paix pour cultiver, fuirent les champs. La famine s’installa. Et, comme une agglomération urbaine ne peut fonctionner sans surplus agricole, les villes si belles de l’empire romain se transformèrent en champs de ruines.

Voici un extrait de toute l’histoire du monde, p. 101,102, de Bareau et Bigot, ed. le livre de poche. Même si ce livre contient pas mal de, comment dire, orientation marquée en terme de religion et de philosophies, il n’en demeure pas moins intéressant. D’autant plus que, si l’on change quelques dates, ne pourrait-on pas avoir l’impression qu’il s’agit de notre temps ?

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