Des « labels » gouvernementaux pour consommer mieux

closeCet article a été publié il y a 5 ans 1 mois 19 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être dépassées...

J’ai voulu écrire cet article suite au documentaire intitulé « la publicité avance masquée » sur France 5, que j’ai trouvé relativement moyen. Initialement destiné à entrer dans la rubrique des « liens du vendredi » je me suis dit qu’un véritable article serait sans doute plus pertinent.

Consommateurs comme tout le monde, aigri et malheureux de voir mon environnement tant social que naturel détruit, j’œuvre dans la mesure de ce que pense pouvoir faire, à l’amélioration de tout cela. Famille en partie agricultrice, j’essaye aussi de favoriser le lien social et les circuits courts. Mais même sans famille productrice c’est à la portée de tous, notamment grâce aux AMAP ou directement dans une ferme près de chez vous grâce à des initiatives comme les produitsfermiersloire.com. Mais, faisant partie des 10% les plus pauvres c’est parfois assez compliqué et j’en m’en remets donc à des sigles plus habituels. Ça n’aide que les circuits court, mais c’est mieux que rien…

Soumis de plus en plus aux lobbies et aux recherches scientifiques à rentabilité exigées, les institutions n’en restent pas moins les garants d’une certaine forme de recul et de protection des citoyens. Ce n’est en revanche pas le cas pour les entreprises qui sont soumises aux marchés et dans une moindre mesures aux lois avec comme principal soucis la rentabilité financière. C’est pourquoi parmi les certifications, sigles et autres labels, ceux qui comptent encore sont pour moi ceux des institutions. Ils sont au nombre de 7 en France, 8 si j’en utilise un autre qui me tient à cœur, qui ne labellise rien mais est résultat d’un concours. C’est toujours l’état (pour ces 7 la France ou l’Europe) notamment via l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (site officiel) qui valide les cahiers des charges et contrôles les processus via nombres d’organismes, je l’espère, indépendants. En voici listés avec leurs descriptions (officielles sur le site du ministère de l’agriculture) et un commentaire. Tous les autres ne sont généralement que le fruit de préoccupations directement ou indirectement financières.

label rougeLogo Label Rouge

Le label rouge est un label français créé en 1960 (wikipédia). L’idée est labelliser des produits respectant un cahier des charges portant sur un élevage et une fabrication réfléchie, parfois traditionnelle ou historique. Ce label, je cite (l’INAO), garantit qu’un produit possède un ensemble de caractéristiques lui conférant un niveau de qualité supérieure par rapport aux produits similaires. Il est donc généralement lié à un relatif bien-être des animaux, par exemple pour les poulets bien qu’un lobbying intensif tente d’industrialiser encore plus tout cela. Ce bien-être couplé à un processus de fabrication encadré permet d’offrir aux consommateurs, vous et moi donc, des produits (la liste ici) de qualités supérieurs à ceux qui ne seraient pas certifiés (site du label).

Ce label n’implique pas que le produit est issu de l’agriculture biologique ou conforme à un autre label (AOC, IGP…).

AOC – Appellation d’Origine Contrôléelogo AOC

L’AOC est un label du début du XIXème d’origine française (wikipédia). Créé originellement pour le monde du vin afin de lutter contre les mauvaises pratiques des vignerons ce label est à l’origine de l’INAO.

C’est un label qui est attaché à un terroir et à des pratiques généralement ancestrales, liées à ce terroir. Je cite le ministère de l’agriculture, elle résulte de la combinaison d’une production et d’un terroir qui s’exprime par le savoir-faire des hommes. En gros c’est un label qui lie intimement des pratiques de culture et un terroir pour produire des mets qui ne peuvent pas être reproduit ailleurs.

Ce label n’implique pas que le produit est issu de l’agriculture biologique ou conforme à un autre label (Label Rouge, IGP…), sauf l’AOP qui en est sa transposition européenne. C’est à dire qu’un produit AOC en France (DOC en Italie par exemple) se voit automatiquement attribuer l’AOP.

logo AOPAOP – Appellation d’Origine Protégée

C’est en fait la transposition européenne de l’AOC.

Si l’on se réfère à la commission européenne, il désigne la dénomination d’un produit dont la production, la transformation et l’élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté.

Ce label n’implique pas que le produit est issu de l’agriculture biologique ou conforme à un autre label (Label rouge…), sauf l’AOC.

IGP – Indication Géographique Protégéelogo IGP

l’IGP (wikipedia) est un label différent et bien moins contraignant que l’AOC et l’AOP. C’est en quelque sorte une sous-AOC n’en déplaise aux officiels (voir l’article de l’Express)

En effet, contrairement à l’AOC ou le produit est issu d’un terroir et de pratiques, on parle pour l’IGP simplement (voir l’INAO) d’un produit dont toutes les phases d’élaboration ne sont pas nécessairement issues de la zone géographique éponyme mais qui bénéficie d’un lien à un territoire et d’une notoriété. Par exemple on pourrait imaginer un fromage IGP du département de la Loire produit avec du lait Polonais.

Il s’agit pour moi d’un label à éviter au profit de l’AOP. Il m’indique certes un produit bénéficiant d’une certaine réputation mais strictement rien sur l’origine ou la méthode de culture des produits.

Ce label n’implique pas que le produit est issu de l’agriculture biologique ou conforme à un autre label (Label Rouge, AOC…), même si parfois le label rouge et l’IGP font bon ménage par exemple avec la volaille du Forez.

Label Européen ABAB – Agriculture Biologique

Depuis 1980 en France, le sigle AB bien connu partage désormais la scène avec un logo européen, la feuille. Ce label stipule que le produit a été fabriqué en utilisant des ingrédients cultivés de manière respectueuse de l’environnement. J’ai toutefois des doutes sur la « durabilité » pour les produits transformés dans des emballages en tout point identiques aux autres, si ce n’est l’absence d’additifs… Passons.

Ce label indique en fait que les ingrédients de bases ont été élevés ou cultivés en respectant un cahier des charges stricte, sans éléments chimiques de synthèses, en veillant au bien être animal ou à la biodiversité, sauf en cas de nécessité.

Si je penselabel AB qu’il s’agit effectivement d’une initiative intéressante je la considère comme dangereuse, voir destructrice. Nier près d’un siècle de recherches scientifiques me semble étrange. En effet, si les progrès de la science sont utilisés suivant un strict principe de précautions cela peut apporter beaucoup. C’est pourquoi j’attends avec impatience le développement du label « agriculture raisonnée » (site officiel) à mon sens bien plus intéressant.

Ce label n’implique pas que le produit est Label Rouge ou conforme à un autre label (AOC, IGP…). C’est d’ailleurs un paradoxe de l’AB qui finalement utilise massivement des produits d’importation au détriment des circuits courts. Je préfère personnellement un poulet Label Rouge à 50 km de chez moi plutôt qu’un poulet roumain soi-disant AB, au demeurant bien moins durable, ne serait-ce qu’à cause du transport. Voir notamment à ce propos la mafia du Bio sur Presseurop.

Concours Général Agricolelogo CGA

Ce n’est pas un label, mais un concours créé en 1860, un des plus vieux « labels » de France. les médailles du CGA viennent récompenser les qualités organoleptiques des aliments produits, ou cultivés en France.

En effet, il suffit de lire un extrait (l’article 146  p. 37) du règlement pour s’en convaincre. Les jurys seront composés au minimum de trois jurés et pourront comprendre jusqu’à six jurés, parmi lesquels deux ou trois jurés sont désignés sur proposition des organisations professionnelles compétentes, les autres étant des experts ou personnes qualifiées désignés sur proposition de différentes associations ou organisations représentant la distribution (courtiers, négociants, restaurateurs, détaillants.) et les consommateurs (clubs d’œnophiles,…).*

Le concours a même sa boutique officielle. C’est une distinction qui salut un produit bon et au moins en partie fabriqué en France. De plus être médaillé au CGA n’implique pas que le produit est issu de l’agriculture biologique ou conforme à un autre label (Label Rouge, AOC…).

STG – Spécialité Traditionnelle GarantieLogo STG

Avant de conclure, en voilà un label marrant. Mais pas tant que cela. Face aux camemberts industriels, aux bris d’usines, ce label garantie un mode de production et / ou des ingrédients conforme à la tradition, et rien de plus.

Un label intéressant mais tout neuf, en France, seul les moules de bouchot en bénéficie, peut-être bientôt l’échalote.

 Conclusion

Partant d’un simple documentaire, j’ai décrit les signes officiels pour les produits de consommation. J’ai appris beaucoup via mes recherches et rien que pour cela je suis content d’avoir vu ce documentaire.

Il existe sans doute d’autres labels et signes officiels voir même non-officiels mais tout aussi intéressants. Je ne les connais pas et si vous voulez les partager, n’hésitez pas à poster un commentaire.

A titre personnel je retiens l’AOC et l’AOP ainsi que le Label Rouge. J’attends aussi un développement du label agriculture raisonnée. Toutefois c’est en quelque sorte une forme de multisiglarité qui me semble pertinente, c’est à dire un label rouge bio ou encore un bio AOC car cela couvre tout, des ingrédients au mode de production en passant par les lieux de production et transformation. Mais rien ne saurait remplacer le fait d’aller directement chez le producteur, de voir comment il travail, pour finalement se fournir chez lui, ou dans d’autres circuits courts.

PS : si j’ai dit des conneries, merci de me reprendre !

2 réflexions sur “Des « labels » gouvernementaux pour consommer mieux

  1. Sachant que, comme précisé en introduction (j’aurais du le rappeler en conclusion, je vais le faire), rien ne vaut le fait d’aller à la rencontre du producteur, et de voir comment il fonctionne. C’est particulièrement vrai dans ta région, ou la mienne, ou les exploitations sont de tailles très raisonnables et relativement peu « extensives ». Mais attention, il m’est arrivé de trouver des œufs marqués (http://ddsv55.agriculture.gouv.fr/Je-suis-vendeur-d-oeufs-quelles) « 3 » dans une ferme laitière, qui vendait les œufs d’un producteur juste à côté… Méfiance donc…

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