Deux visions du monde

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Titre un peu tapageur pour une courte page de l’histoire de l’informatique moderne mais qui a eu, et aura je pense, des répercutions importantes.

Vous connaissez sans le moindre doute Bill Gates, le richissime fondateur de Microsoft et, entres autres, du système d’exploitation Windows. Vous connaissez sans le moindre doute un peu moins Richard Stallman, fondateur de la Free Software Foundation et initiateur, entre autres, du système d’exploitation GNU/Linux.

Portait de Bill GatesCes deux personnages constituent des légendes de l’ère numérique à l’instar des Steves, Wozniak et Jobs, pour diverses raisons. Cependant leurs pensées (pour ne pas encore dire philosophie) sont diamétralement différentes et n’ont que très peu évoluées (contrairement à celle de Jobs qui était à géométrie variable).

Il y a une trentaine d’année, ces deux hackers ont publié une lettre, l’un (Stallman) annonçant le lancement d’un mouvement qui s’appelle le Logiciel Libre, fondé sur l’entraide et le partage, l’autre (Gates, Bill, pas Benjamin), dénonçant vertement les pratiques de partage comme étant du vol.

Tempérons notre propos, Gates parle surtout des utilisateurs de logiciel qui ne l’ont pas acheté au créateur du même logiciel. Stallman hisse l’entraide, la coopération (oserai-je dire la co-création) et le partage comme étant des valeurs fondamentales, bien au dessus de toute considérations économiques ou même techniques (cf. la différence open source et logiciel libre).

Portrait de Richard M. StallmanToutefois, Stallman développera plus tard sa pensée en expliquant qu’un logiciel libre, partagé, ne doit pas nécessairement être gratuit et qu’il faut simplement inventer les modèles économiques. Gates quant à lui estime que les logiciels nécessitent du temps et que ce temps passé doit être rémunéré, à tout prix. De fait, l’entraide et la coopération doivent être supprimés au profit de considérations économiques.

Si, Stallman pense que l’humain à mieux à faire que se crêper le chignon pour quelques dollars de plus et que, on peut supposer, il estime que si l’on aide un voisin et que celui-ci nous aide en retour c’est une meilleure chose que de filer un chèque, ce n’est pas le cas pour Bill Gates, qui finalement préfère filer des très gros chèques à des « œuvres de charité » (à peu près le budget total de l’OMS ou de l’éducation nationale, soit 3,5 milliards d’€ environ), notamment sa fondation (à lire Wikipédia en français et surtout en anglais) ce qui évite bien de se soucier des problèmes de liberté ou d’entraide.

Quel est celui que la courte histoire a vu avoir raison ? Vous le savez tous, pour le moment en tout cas. Car, surtout dans ces périodes difficiles, le message de Stallman et sa philosophie (entraide, liberté…) résonnent de plus en plus fort dans le monde.

5 réflexions sur “Deux visions du monde

  1. Très bon article. En effet le modèle économique de bilou a très bien fonctionné dans le domaine de l’ordinateur personnel. On constate cependant avec plaisir que dans les domaine ou la qualité a un rôle plus important face a la dose de marketing reçu les systèmes issues du mouvement du libre domine sans trop de difficultés (super calculateurs, serveur par exemple).

  2. Sans aucun doute en partie, car, dans quelle mesure, le développement de l’ordinateur personnel a entrainé la focalisation des autres, libres ou non, sur d’autres systèmes, ou l’inverse… Ceci étant dis, il ne faut pas nier certains avantage des privateurs, comme l’ergonomie, à laquelle Stallman répond qu’elle n’est pas nécessaire mais quelle viendra… Le fait est que si d’un côté on propose quelque chose de facile mais insidieusement privateur, de l’autre quelque chose de difficile, mais libérateur, l’enfant (par en terme d’âge mais en terme de réflexion) aura vite fait son choix, amha. C’est pour ça que le chemin n’est pas simple.

  3. Le fait est que si d’un côté on propose quelque chose de facile mais insidieusement privateur, de l’autre quelque chose de difficile, mais libérateur, l’enfant (par en terme d’âge mais en terme de réflexion) aura vite fait son choix, amha. C’est pour ça que le chemin n’est pas simple.

    Tout a fait …

    J’ajouterais:
    Bien qu’il existe un nombre effroyable de logiciel privateur de qualité effroyable, il faut tout de même admettre que les société produisant des logiciels privateurs ont souvent plus de moyens, en tout cas financiers, pour réaliser de bonne applications.
    Mais, comme je l’introduis a l’instant, c’est surtout une question de moyens. Pouvant autant être stimulé par une société cherchant le profit (qu’elle produise un logiciel libre ou non), qu’une communauté face a un besoin.

    : )

  4. c’est là où je n’en suis pas forcément certains et où, l’éducation, à un fort rôle à jouer. En effet, quel ergonome, designeur, ou autre aura envie de s’attaquer à l’interface d’un logiciel libre si ce n’est parce qu’il sait, connait et adopte les valeurs qui sont derrières ? Cela passe par l’éducation, parce que de l’autre côté, il est simplement payé pour faire son job.

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