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Ne sommes-nous tous que des abeilles ouvrières exploitées par Google à des fins capitalistes ?

closeCet article a été publié il y a 3 ans 2 mois 15 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées.

(Ndlt : cet article est une traduction personnelle d’un article disponible en ligne ici, n’ayant trouvé d’information sur la possibilité d’utiliser cet article, je suis parti d’un principe de licence CC)

Google est devenu l’emblème du capitalisme cognitif parce qu’il a inventé un nouveau modèle économique basé sur le développement contrôlé des réseaux d’intelligence collective. Le socio-économiste (ndt : ça se dit vraiment ça ?) français Yann Moulier Boutang a exploré la dépendance de Google (comme un facteur pour la commoditéisation de la connaissance) sur les interrogations des hommes (comme travail).

“Vous travaillez pour Google ! Chaque seconde, 15 millions de personnes cliquent et nourrissent Google de données – le vrai paradigme des personnes travaillant pour l’entreprise”, explique M. Boutang. Ce que Google vend n’est pas un service ordinaire, mais un meta-service, un service qui dépend des contributions humaines. Il compare cette activité humaine à celle de l’abeille ouvrière, et l’économie de Google est dépendante de la pollinisation de ces abeilles. M. Boutang va plus loin en illustrant l’analogie avec les habitudes de apiculteurs, “ les apiculteurs aux états-Unis ne gagnent plus leur vie en vendant de la cire ou du miel. Ils vendent l’activité des abeilles : ils louent leurs service de pollinisation.”

M. Boutang soupçonne que le nouveau modèle économique de Google est en train de remodeler le capitalisme dans – ce qu’il appelle – un “meta-marché”. Dans ce type de marché la connaissance est reconnue comme un bien public, non soumis à la concurrence et qui peut être facilement échangée à travers le réseau. Le bien marchéable ici va plus loin que le capitalisme cognitif (où la pure entrée / sortie d’un bien immatériel est réifiée) en établissant un nouveau marché basé sur les méta-données recueillies par “pollinisation humaine”.

En conclusion M. Boutang se demande, “s’il est possible de libérer le travailleur du clic de Google ?”. Il n’en est pas sur, mais en fin de compte il croit que, une “imitation de Google”, un moteur de recherche open-source ou publiquement possédé, serait le dernier espoir pour libérer les abeilles de l’apiculteur.

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